Introduction
Au cours du XIXe siècle, les villes industrielles de la vallée du Furan comme Saint-Etienne[1], de la vallée de l’Ondaine à l’exemple du Chambon-Feugerolles et de la vallée du Gier, à l’exemple de Saint-Chamond et Rive de Gier transforment leurs cadres de vie radicalement. Ces facteurs de changements paysagers à l’échelle des vallées du Pilat[2] se structurent avec la force motrice des cours d’eau et les affirmations de barrages réservoirs[3]. Ces transformations des cadres d’existence servent de trames aux invitations aux voyages dans des territoires à la fois proches des sites industriels, mais aussi éloignés par l’observance des bienfaits des montagnes, du grand air et d’une vie censée être idéalisée, par opposition aux miasmes de la ville. Les changements conséquents entre bruits et pollutions des usines, comme l’exemple de l’affirmation du site charbonnier dans la région stéphanoise sert de cadre à un Pilat souvent sublimé dans le temps et l’espace. On voit l’opposition aux tumultes des vallées industrieuses et laborieuses. En effet, cette recherche du temps perdu à l’échelle du Pilat est la ligne de force d’héritages romantiques et d’approches nostalgiques face aux progrès qui perturbent les paysages traditionnels. Cette quête des beautés des paysages d’altitude va de pair sur les traces des mémoires de campagnes magnifiées, reprenant quelque part le cheminement intellectuel de de La Tour Varan[4] en 1854 dans cette quête du temps passé, mais également de la richesse naturelle d’Alléon-Dulac et de Claret de La Tourette. Le Pilat est riche de sa diversité dans une nature [5]censée être préservée, malgré les processus d’artificialisation. Le Pilat représente les espoirs d’une nature idéalisée.
Dès lors, les recherches de dépaysements proches dans les « pays » du Pilat marquent l’esprit des élites comme Etienne Mulsant, Seytre de la Charbourze. Leurs récits de voyage constituent à leurs manières un corpus riche au niveau des descriptions des sites et des apports culturels de ces pays de mémoires. On a aussi l’expression bienfaiteur du rapport au grand air sain et vivifiant magnifié et souvent sublimé. Ainsi, la construction d’une station climatique de grand air[6] dans le haut Pilat à la fin du XIXe siècle, cela répond à la fois à la recherche de dépaysements, des aspirations hygiénistes du temps, des demandes économiques d’hébergement sur ce site remarquable. Dans ces perspectives de recherches du bon air, les paysages du Pilat apportent la richesse des panoramas et l’altitude censée être bienveillante pour les organismes, l’appel du grand air opposé aux confinements des villes. Ces paysages du Pilat montrent différentes formes d’anthropisations, des enjeux touristiques.
Georges Collin
[1] Maxime Perrin, Saint-Etienne et sa région économique, Tours, Arrault et Cie, 1937, 516 p.
[2] Ibidem, p 179.
[3] Ibidem, p 184.
[4] Jean Antoine de La tour Varan, Chronique des châteaux et des châtellenies, Tome 2, Saint-Etienne, Les libraires, 1854, 463 p.
[5] L’allemand Ernst Haeckel en 1866 traite de l’écologie, des relations des hommes avec la nature.
[6] Le grand hôtel du Mont-Pilat est inauguré le 9 juillet 1898.

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