Les basculements politiques, juridiques, culturelles de la Révolution française s’expriment également à l’échelle géographique des campagnes du Pilat. La France de la restauration suture à la fois un âge politique de restauration de l’autorité du roi Louis XVIII, mais également des enjeux de restauration du catholicisme dans le Pilat, face aux traces de la politique de déchristianisation conduite notamment sous la terreur robespierriste.
Pour autant, le monde paysan reste très majoritairement attaché à son église, et à son village, marqué par une francisation minoritaire dans la première moitié du XIXe siècle et des comportements, mœurs et coutumes, hérités des traditions de l’ancien régime entre traditions religieuses et acceptation de l’autorité politique ou morale.
Cependant, le paysage politique des campagnes se transforme, par les changements de régimes au cours du XIXe siècle, d’une France monarchique au postulat d’un système censitaire, à une France autoritaire impériale par le paradigme du second Empire .Toutefois, l’esprit républicain se diffuse progressivement dans les campagnes entre l’expérience de la seconde République et des actions de la IIIe République, sur fond d’instruction scolaire et de construction d’une identité républicaine, dépassant les clivages régionalistes, grâce à l’accélération de la francisation pour les jeunes générations.
L’accélération des changements paysagers à l’échelle des regards sur les différents pays, s’organise par la montée en puissance au cours du XIXe siècle de l’industrialisation et l’usage des rivières du Pilat à des fins de productivités de différents niveaux. On a un postulat de changements, de transformations radicales de paysages considérés comme séculaires, à l’exemple des barrages-réservoirs, édifiés au fil de l’eau, aménageant différemment les lits des rivières et modifiant durablement les cadres de la ruralité. L’essor des villes industrielles, à l’échelle des vallées, comme la ville de Saint-Etienne, développe ainsi des représentations souvent idéalisées du cadre montagnard du Pilat, par une intelligentsia souvent urbaine. Le monde industriel sur fond d’un paysage sonore bruyant par le machinisme, complété par le paysage visuel des cheminées d’usines, s’oppose dans la représentation savante à l’air pur de la montagne. Le postulat de la nature est en croissance à la fin du XIXe siècle, sur fond d’activités pédestres, mais aussi culturelles et patrimoniales.
Georges Collin
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